La méthode

On ne te note pas. On te mesure.

Une carte Futlete ne récompense pas ce que tu as accumulé, mais ce que tu es capable de produire — et pendant combien de temps. Voici exactement comment, barèmes compris.

D’où viennent les chiffres

On mesure, on ne devine pas

Strava expose le détail seconde par seconde de chaque sortie. On en télécharge 360 par athlète — les plus intenses, les plus grimpantes, les plus longues et les plus récentes — et on y cherche le meilleur effort que tu aies tenu sur chaque durée.

À vélo

La puissance que tu tiens 5 secondes, 1 minute, 20 minutes et 3 heures, divisée par ton poids. Les watts par kilo sont la seule mesure qui compare deux cyclistes sans tricher : ni le vent, ni le peloton, ni la descente n’y changent quoi que ce soit.

Sur route

Des distances, pas des durées : ton meilleur 5 km, 10 km, semi et marathon, cherchés comme un chrono — la fenêtre la plus rapide de ta sortie sur cette distance exacte. Ce sont les seuls chiffres que tu connais déjà par cœur, et les seuls que tu peux vérifier ailleurs.

En trail

La montagne a sa carte, parce qu’elle demande autre chose : grimper, grimper vite, avancer sur terrain cassant, durer. Une sortie compte comme trail si elle est taguée ainsi ou si elle dépasse 20 m de dénivelé par kilomètre — la plupart des vrais trails sont logués en simple « course ». Là, chaque seconde est corrigée de la pente.

Environ un cycliste sur deux roule sans capteur de puissance. Au-dessus de 4 % de pente, la gravité écrase tout le reste : avec ton poids et l’altimètre, la puissance se calcule. C’est de la mécanique, pas une estimation — et c’est pour ça qu’on ne la calcule que là.

Les formules, pour les curieux

Le coût énergétique de la course à pied selon la pente i (0,08 = 8 %), en joules par kilo et par mètre, d’après Minetti et al. (2002) :

C(i) = 155.4·i⁵ − 30.4·i⁴ − 43.3·i³ + 46.3·i² + 19.5·i + 3.6

Sur le plat, le coût vaut 3,6. À 10 % de pente il est multiplié par 1,66 — et c’est ce rapport qui convertit ton allure en côte en allure équivalente sur le plat.

La puissance d’un cycliste en montée, où θ est l’angle de la pente et v la vitesse :

P = m·g·v·sin(θ) + 0.005·m·g·v·cos(θ) + ½·ρ·0.32·v³

La masse est celle de l’athlète plus 9 kg de vélo. Le dernier terme est l’aérodynamique : c’est le seul coefficient qu’on devine, et en côte il pèse moins de 5 % du total. C’est précisément ce qui rend le calcul honnête.

Les six notes

Ce que chaque axe mesure

Les quatre premiers axes font la note. Les deux derniers ne rapportent aucun point : ils décident jusqu’où elle peut monter.

VÉLO

PUIPuissance
Ta meilleure minute, en watts par kilo. La puissance que tu peux vraiment sortir.
VITVitesse
Ce que tu tiens 20 minutes à fond, en watts par kilo. C’est la mesure de référence du cyclisme.
GRIGrimpe
Ta vitesse ascensionnelle : les mètres de dénivelé que tu avales en une heure. Elle ne demande ni capteur ni balance — la gravité a déjà divisé par ton poids.
ENDEndurance
Ce que tu tiens 3 heures, en watts par kilo. Si tu n’as jamais roulé aussi longtemps, ton effort le plus long est projeté sur cette durée.
RÉGRégularité
Le nombre de semaines où tu as roulé au moins une fois, sur les 52 dernières.
VOLVolume
Tes kilomètres à vélo depuis l’ouverture de ton compte Strava.

Les deux dernières lignes ne rapportent pas de points — voir « La note globale ».

COURSE

VITVitesse
Ton meilleur 5 km, chronométré sur la distance exacte.
RÉSRésistance
Ton meilleur 10 km.
ENDEndurance
Ton meilleur semi-marathon. Si tu n’en as jamais couru, il est déduit de ton 10 km par la formule de Riegel et marqué d’un ~.
FONFond
Ton meilleur marathon, déduit de ton semi si tu n’as jamais pris le départ d’un 42 km.
RÉGRégularité
Le nombre de semaines où tu as couru au moins une fois, sur les 52 dernières.
VOLVolume
Tes kilomètres à pied depuis l’ouverture de ton compte Strava.

Les deux dernières lignes ne rapportent pas de points — voir « La note globale ».

TRAIL

PENPente
Ta résistance à la pente : ton allure corrigée en côte, comparée à ton allure corrigée sur le plat. Sous 1, tu grimpes mieux que le modèle ne le prédit.
VAMVitesse ascensionnelle
Les mètres de dénivelé que tu avales en une heure, en courant. Ni capteur ni balance — la gravité a déjà divisé par ton poids.
ENDEndurance
Ta meilleure allure tenue une heure et au-delà en trail, corrigée du dénivelé.
DISDistance
Ta plus longue sortie en trail.
RÉGRégularité
Le nombre de semaines où tu as fait au moins un trail, sur les 52 dernières.
VOLVolume
Ton dénivelé à pied depuis l’ouverture de ton compte Strava. En trail, le volume se compte en mètres de D+, pas en kilomètres.

Les deux dernières lignes ne rapportent pas de points — voir « La note globale ».

Les barèmes

Ce que vaut chaque mesure

Ces tableaux sont l’algorithme. Une note veut dire la même chose sur toutes les cartes : un 72 en vitesse, c’est 72 pour tout le monde. Entre deux lignes la note est interpolée ; au-delà des bornes, elle est écrêtée.

Vélo

Puissance — 1 min
5 W/kg20
6,5 W/kg38
7,5 W/kg52
8,5 W/kg66
9,5 W/kg78
10,5 W/kg88
11,5 W/kg96

Un cycliste régulier tient 6,5 W/kg pendant une minute ; au-delà de 10, on parle de niveau élite.

Vitesse — seuil 20 min
2 W/kg20
2,5 W/kg32
3 W/kg44
3,5 W/kg55
4 W/kg66
4,5 W/kg76
5 W/kg85
5,5 W/kg92
6 W/kg97

3 W/kg, c’est un cycliste régulier. 4,5 W/kg, un très bon amateur. Au-delà de 5,5, on parle de niveau élite.

Grimpe — vitesse ascensionnelle
500 m/h20
700 m/h35
900 m/h50
1 100 m/h63
1 300 m/h76
1 500 m/h87
1 700 m/h95

Un cyclotouriste monte autour de 700 m/h, un bon amateur vers 1 200, un professionnel dépasse les 1 700.

Endurance — 3 h
1,5 W/kg20
2 W/kg35
2,5 W/kg50
3 W/kg65
3,5 W/kg80
4 W/kg92
4,5 W/kg99

Tenir 3 W/kg pendant trois heures est déjà le fait d’un cycliste sérieux.

Course sur route

Vitesse — 5 km
7:00/km20
6:00/km32
5:00/km45
4:15/km58
3:45/km70
3:24/km80
3:12/km87
3:00/km93
2:48/km97

Allure réelle, sans correction de pente. 5’00/km, c’est un coureur régulier ; 3’30/km, un niveau régional. Le record du monde tient 2’31/km.

Résistance — 10 km
7:30/km20
6:30/km32
5:30/km45
4:42/km58
4:06/km70
3:42/km80
3:27/km88
3:12/km94
3:00/km98

55 minutes, c’est un coureur régulier ; sous 37, on parle de club.

Endurance — semi-marathon
8:00/km20
7:00/km30
6:00/km42
5:12/km54
4:30/km66
4:00/km78
3:39/km87
3:24/km93
3:12/km98

Déduit de ton 10 km par la formule de Riegel si tu n’as jamais couru la distance, et marqué d’un ~ dans ce cas.

Fond — marathon
9:00/km20
8:00/km30
7:00/km40
6:00/km52
5:18/km63
4:45/km74
4:18/km84
3:54/km92
3:36/km98

Sous 3 h, c’est un marathonien confirmé. Déduit de ton semi si tu n’as jamais pris le départ.

Trail

Pente — résistance à la pente
× 1,2025
× 1,1040
× 1,0055
× 0,9270
× 0,8585
× 0,8095

Le rapport entre ton allure corrigée en côte et sur le plat. À 1,00 tu grimpes exactement comme le modèle le prévoit ; en dessous, tu fais mieux.

VAM — vitesse ascensionnelle
300 m/h20
500 m/h35
700 m/h50
900 m/h63
1 100 m/h76
1 300 m/h87
1 500 m/h95

En courant. Un randonneur monte vers 500 m/h, un bon traileur dépasse 1 100, les meilleurs approchent 1 900.

Endurance — 1 h et plus sur sentier
7:00/km20
6:00/km38
5:15/km55
4:45/km68
4:20/km80
4:00/km90
3:45/km97

Allure corrigée du dénivelé. Si tu n’as jamais couru une heure d’affilée, ton effort le plus long est projeté sur cette durée.

Distance — plus longue sortie
10 km20
21 km35
30 km48
42 km60
60 km72
80 km82
110 km90
160 km97

Un marathon en montagne vaut déjà 60. Au-delà de 80 km, on est dans l’ultra.

Volume — dénivelé à pied
5 000 m15
15 000 m25
40 000 m38
80 000 m50
150 000 m63
250 000 m74
400 000 m84
600 000 m92
900 000 m97

En trail le volume se compte en mètres de D+, pas en kilomètres. Un total à vie, jamais remis à zéro.

Communs à tous les sports

Volume — kilomètres à vélo
500 km15
1 000 km25
2 500 km35
5 000 km45
10 000 km53
16 000 km60
30 000 km70
50 000 km80
80 000 km88
120 000 km95

Un total à vie, jamais remis à zéro.

Volume — kilomètres à pied
125 km15
250 km25
625 km35
1 250 km45
2 500 km53
4 000 km60
7 500 km70
12 500 km80
20 000 km88
30 000 km95

Même barème qu’à vélo, divisé par quatre : on ne court pas les mêmes distances.

Régularité — semaines actives
5 semaines15
10 semaines25
20 semaines42
30 semaines58
40 semaines72
45 semaines80
50 semaines92
52 semaines99

Sur les 52 dernières semaines. Une seule sortie suffit à marquer une semaine.

La note globale

Le volume ouvre la porte, la perf fait la note

La note est la moyenne de tes quatre axes de performance. Les durées mesurées étant réparties régulièrement, cette moyenne est exactement l’aire sous ta courbe : un sprinteur extrême et un rouleur complet peuvent atteindre le même total par des chemins opposés — c’est l’archétype qui les distingue.

Régularité et volume ne s’ajoutent pas à cette note : ils lui fixent un plafond. On ne peut pas être 85 en s’entraînant huit semaines par an, et on ne peut pas l’être en étant lent. Il faut les deux.

Régularité et volumeNote maximale
2064
5078
8091
9999
Les formules, pour les curieux
perf = moyenne(4 axes de performance)plafond = 55 + 0.45 × moyenne(RÉG, VOL)note = min(perf, plafond)

L’échelle

Du bronze à l’icône

Les seuils sont volontairement durs. Une carte dorée doit vouloir dire quelque chose, et une icône rester exceptionnelle : à 95, on parle d’environ 5,5 W/kg au seuil, soit un niveau élite.

  1. BRONZE1 – 54
  2. ARGENT55 – 77
  3. OR78 – 88
  4. TOTY89 – 94
  5. ICÔNE95 – 99

EN FORMEn’est pas un rang mais un état : il remplace l’argent et l’or quand ta charge des quatre dernières semaines dépasse largement ta norme.

Pas de preuve, pas de points

Pourquoi un axe reste tout en bas

Un axe qu’on n’a jamais mesuré ne reçoit pas une note plausible : il tombe à 10 et la carte dit ce qui manque. C’est le prix d’une échelle honnête — mais chaque cas se débloque.

Saison 2

Pourquoi ta note a changé

La première version notait chaque axe par rapport à tes cinq autres. Un 98 voulait dire « c’est ton point fort à toi », mais tout le monde lisait « je suis parmi les meilleurs ». Les deux ne peuvent pas cohabiter sur le même nombre.

L’échelle est désormais absolue : un 74 veut dire la même chose sur toutes les cartes. Presque toutes les notes ont baissé — non parce que les athlètes se sont affaiblis, mais parce que l’ancienne échelle était généreuse avec tout le monde à la fois.

Pourquoi il faut parfois attendre

La file d’attente

Strava n’autorise pas Futlete à lire ses données autant qu’il veut : l’application entière a droit à 3 000 requêtes par jour, partagées entre tous les athlètes inscrits. Relire une sortie seconde par seconde en coûte une, et on en présélectionne jusqu’à 360 par athlète — c’est le seul moyen d’avoir un vrai échantillon plutôt que deux ou trois sorties au hasard.

Quand ce budget est épuisé, il ne se recharge qu’à minuit UTC — mais il se recharge tous les jours. Les mesures restantes ne sont pas perdues : elles attendent leur tour dans une file et reprennent exactement là où elles s’étaient arrêtées. Ta carte peut donc continuer de s’affiner pendant plusieurs jours après ton inscription, à mesure que de nouvelles sorties sont relues.

Pendant ce temps ta carte reste visible et lisible, avec les notes de la synchro précédente — un bandeau te dit qu’elles ne sont plus à jour, et à quelle place tu es dans la file. Rien n’est bloqué, on prend simplement son tour.

Ce qu’on ne sait pas encore faire

Les limites, assumées

Un algorithme qui cache ses angles morts n’est pas plus juste, seulement moins vérifiable.

Les données

Ce qu’on lit, et ce qu’on ne lit jamais

On lit tes activités publiques — jamais les privées — et seulement le détail des sorties analysées. Ta carte est publique sur futlete.com/ton-nom : des notes et des totaux, jamais tes tracés ni tes horaires de sortie. Tu peux cacher un sport ou tout supprimer, à tout moment.

Futlete
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